L’UE s’est engagée à atteindre des objectifs d’atténuation du changement climatique, à savoir une réduction nette de 55 % de ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990, et la neutralité climatique d’ici à 2050. Afin de garantir la réalisation de ces objectifs, l’UE a mis en place le cadre « Fit for 55 », un ensemble complet de politiques climatiques. Parmi celles-ci figure le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), actuellement en cours de déploiement progressif.
Qu'est-ce que le CBAM ?
Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) est une tarification des émissions de carbone liées à la production de certains produits importés à forte intensité de carbone, complémentaire au système d'échange de quotas d'émission de l'UE (SEQE-UE). Les importateurs devront s'inscrire au système, déclarer les émissions de leurs produits et acquérir des certificats leur permettant de payer les émissions intégrées de leurs importations. Les paiements carbone déjà effectués hors de l'UE seront déduits du paiement MACF afin d'éviter les doubles paiements et de garantir une tarification du carbone équitable pour tous les produits équivalents.
Quel est l’objectif du CBAM ?
Ayant fixé des objectifs climatiques ambitieux, l'UE a mis en place le mécanisme de compensation carbone (CBAM) afin d'éviter les fuites de carbone, qui entraveraient les efforts de réduction des émissions mondiales. Ces fuites se produiraient lorsque des industries et des procédés de production à forte intensité de carbone seraient délocalisés hors de l'UE ou lorsque des produits européens seraient remplacés par des produits étrangers afin d'échapper à une réglementation moins stricte en matière d'émissions de carbone.
La CBAM œuvre également à instaurer une tarification équitable pour les produits originaires de l'UE et de l'extérieur de l'UE, et à encourager l'adoption d'options de production écologiques et la décarbonation en dehors de l'UE.
Quels sont les délais du CBAM ?
Phase de transition : du 1er octobre 2023 au 31 décembre 2025
Premier rapport attendu : 31 janvier 2024
Réglementation plus stricte en matière de déclaration : après le 30 juin 2024 et le 31 décembre 2024
Régime définitif : à compter du 1er janvier 2026
Qui est tenu de s'y conformer ?
Tout importateur de marchandises soumises à la réglementation CBAM doit s'y conformer. Dès le début de la période d'application, seuls les déclarants agréés (enregistrés et conformes à la réglementation CBAM) seront autorisés à importer des produits soumis à la réglementation CBAM.
Les marchandises actuellement soumises à déclaration en vertu du CBAM sont les suivantes :
Ciment
Fer et acier
Aluminium
Engrais
Hydrogène
Électricité
Un examen complet des produits sera effectué à la fin de la période de transition, avec une possible extension à d'autres produits du SEQE-UE début 2026. Le programme vise à inclure tous les secteurs du SEQE d'ici 2030.
Cette politique prévoit des exceptions pour les importations de produits en provenance de pays hors UE participant au SEQE ou utilisant un système d'échange de quotas d'émission lié à l'UE, comme l'EEE et la Suisse. En effet, le coût du carbone y est déjà équivalent à celui de l'UE. Malgré l'existence d'un SEQE britannique, les importations en provenance du Royaume-Uni doivent être déclarées.
Que doivent faire les entreprises admissibles pour se conformer à la réglementation ?
Durant la phase de transition
Il s'agit d'une phase pilote du programme visant à recueillir les informations nécessaires à la finalisation du régime définitif et à permettre aux entreprises de perfectionner leur communication avec les fournisseurs et leurs processus de collecte de données avant le lancement du programme complet. Durant cette phase, aucun certificat n'est délivré ; l'accent est mis exclusivement sur la production de rapports. Des rapports trimestriels sont exigés et doivent être remis un mois après la clôture de chaque trimestre.
Une demande de délai supplémentaire de 30 jours est possible en cas de difficultés techniques. Les rapports peuvent être modifiés pendant deux mois après la fin du trimestre, les deux premiers rapports bénéficiant d'une période de modification plus longue, jusqu'au 31 juillet 2024. Des pénalités sont prévues en cas de non-conformité et seront appliquées aux importateurs.€10 à 50 par tonne d'émissions non déclarées, avec des pénalités supplémentaires pour les rapports manquants ou incomplets si aucune mesure n'est prise pour rectifier les problèmes.
Les rapports doivent inclure :
Quantité d'importations de chaque produit CBAM par pays d'origine et site de production.
émissions intégrées directes–Pour la plupart des produits, seul le CO₂Il est nécessaire de le déclarer. Certains engrais doivent également déclarer leur teneur en azote.₂L'oxyde d'azote et certains produits en aluminium doivent déclarer la présence de PFC.
Émissions indirectes pour tous les produits, à l'exception de l'électricité.
Prix du carbone déjà payé dans un pays tiers, plus toute compensation disponible pour en tenir compte.
Méthodologie de collecte de données requise :
Il existe actuellement trois méthodes de déclaration autorisées, bien que celles-ci soient progressivement supprimées cette année pour ne laisser subsister que la méthode officielle de l'UE à partir de janvier 2025.
La méthode de l'UE : soit en utilisant des facteurs d'émission et la quantité de combustible et de matériaux utilisés pour calculer les émissions totales, soit en mesurant les concentrations de GES et les flux de gaz de combustion provenant des sources d'émission.
En utilisant des méthodes équivalentes, telles que celles du pays de production–Autorisé jusqu'au 31 décembre 2024.
Utilisation des valeurs de référence par défaut publiées par la Commission européenne–Autorisé jusqu'au 30 juin 2024.
À compter de 2025, les estimations et les valeurs par défaut sont autorisées si nécessaire, par exemple si un fournisseur est dans l'incapacité de fournir les informations requises. Toutefois, leur utilisation est fortement déconseillée et, le cas échéant, ne doit pas concerner plus de 20 % des émissions totales incorporées. Toute estimation et toute utilisation de données par défaut doivent être justifiées. Des modèles de communication sont mis à la disposition des importateurs afin de les aider à recueillir toutes les informations nécessaires auprès de leurs fournisseurs.
Durant le régime définitif
Tous les importateurs devront être enregistrés et agréés en tant que déclarants CBAM pour importer des marchandises CBAM. Les certificats CBAM seront vendus au prix de l'enchère hebdomadaire du SEQE.€/tonne CO₂Chaque année, les importateurs doivent déclarer leurs importations de biens CBAM dans un rapport annuel, publié le 31 mai de l'année suivante, et remettre les certificats représentant la quantité d'émissions incorporées dans leurs produits importés.
Si la tarification du carbone a déjà été versée à un autre pays pour ce produit, le nombre de certificats que l'importateur de l'UE doit fournir sera réduit en conséquence afin d'éviter un double paiement. Lors de la suppression progressive des quotas d'émission gratuits du SEQE, qui prendra fin en 2034, les certificats ne seront nécessaires que pour la part restante des émissions non couvertes par ces quotas.
La réglementation relative au régime définitif n'est pas encore finalisée et sera réexaminée à la fin de la période transitoire. Les points à réexaminer comprennent : le nombre de produits soumis à la déclaration des émissions indirectes, avec la possibilité de supprimer cette obligation pour le fer, l'acier, l'aluminium et l'hydrogène ; et l'élargissement de la gamme de produits inclus dans les exigences du CBAM.
Date de publication : 5 mars 2026